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Psychologie du développement de l'enfant

Ce qu'il faut retenir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

A- Qu'entend-on par développement?

 

Grandes étapes qui conduisent un organisme vivant ou une organisation sociale d’un état primitif à un état complexe, élaboré. Mécanismes qui assurent le passage d’une étape à une autre.

Le développement humain: c'est-à-dire les transformations qui l’affectent, de la naissance à la vieillesse, et cela dans certains domaines de la cognition, de l’affectivité et de la socialisation.

 

B-Trois grandes théories du développement de l’enfant

 

Piaget, Freud et Wallon sont incontestablement des "pères fondateurs" en ce qui concerne le développement de l'enfant.

 

4La théorie de Piaget par ce qu'elle est la seule qui traite réellement des structures normatives de l'intelligence = théorie du développement cognitif.

4La théorie de Freud par ce qu'elle découvre et nous explique la partie immergée de l'iceberg, de nos affects = théorie du développement affectif.

4La théorie de Wallon par ce qu'elle rend compte du développement d'un sujet complexe en contexte = théorie du développement social.

 

 

II- Piaget (1896-1980)

 

A- Théorie Piagétienne

 

La théorie piagetienne, appelée théorie opératoire au sens où elle décrit le développement d'un sujet qui opère sur le monde environnent.

 

Concepts de base:

 

Schèmes: c’est une entité abstraite, analogue à un schéma mental qui correspond à la structure d’une action. Le bébé commence sa vie avec un petit répertoire inné de schèmes sensoriels ou moteurs: tels que regarder, goûter, toucher, entendre ou atteindre. Plus tard, le bébé acquiert des schèmes mentaux. Il crée des catégories, compare les objets, apprend des mots pour désigner les catégories.

 

Comment l’enfant passe de schèmes sensori-moteurs innés aux schèmes mentaux complexes plus intériorisés ?    Trois processus engendrent ce changement:

 

4L’assimilation: processus d’adaptation par lequel un individu associe de nouvelles informations ou expériences à des schèmes existants. L’expérience n’est pas adaptée telle quelle, mais elle est modifiée ou interprétée de façon à ce quelle concorde avec les schèmes déjà existants

4L’accommodation: c’est un processus complémentaire qui consiste à modifier un schème afin d’y intégrer la nouvelle information que nous avons acquise par assimilation. Pour Piaget, c’est une des clés du développement cognitif. Grâce à l’accommodation, nous organisons nos pensées, nous améliorons nos habiletés et nous ajustons nos stratégies.

4L’équilibration: troisième partie du processus d’adaptation, qui met en œuvre une restructuration périodique des schèmes.

 

Pour Piaget, l’enfant, dés sa naissance, est engagé dans un processus d’adaptation, d’accommodation qui vise à donner un sens à son environnement. Le bébé assimile l’information avec les schèmes dont il dispose à la naissance (vision, ouïe, succion, préhension) et il accommode ces schèmes en se basant sur son expérience.

Pour Piaget, c’est le point de départ du développement cognitif. Il désigne cette forme primitive de la pensée par le terme intelligence sensori-motrice et il parle de période sensori-motrice pour définir l’ensemble des stades de cette période.

Le bébé vient au monde doté uniquement de schèmes sensoriels et moteurs. Dans un premier temps, il ne réagit qu’aux stimuli immédiats. Il ne fait pas de liens entre les événements d’une fois à l’autre, il ne semble pas réfléchir dans le sens d’une intention.

Au cours des deux premières années de sa vie, le bébé parvient à comprendre que les objets continuent à exister même lorsqu’ils sont hors de sa vue et il est capable de se souvenir d’objets, d’actions et de personnes pendant un certain temps.

 

B- Les stades de développement de Piaget

 

                        1- Stade I - sensori-moteur (0 à 18 mois)

 

Le bébé communique avec le monde principalement par le biais de ses sens et par ses actions motrices. Un mobile n’existe que par son contact au toucher, son apparence et son goût dans la bouche.

 

 

Stade

Age

Nom

Caractéristiques du stade

Des réflexions à l'intentionnalité

1

0 à 1 mois

Exercice

des

réflexes

Le nouveau-né exerce ses réflexes innés. Ces réflexes sont progressivement accommodés par l’expérience. Il est incapable d’imiter ou de coordonner des schèmes. Il suit les objets et les personnes jusqu’à ce qu’ils quittent son champ visuel.

2

1 à 4 mois

Réactions

circulaires

primaires

Autres accommodations des schèmes de base que le nourrisson répète sans relâche. Début de coordination entre les schèmes provenant de différents sens.(sucer le pouce)

3

4 à 8 mois

Réactions

circulaires

secondaires

Le bébé devient de plus en plus conscient des événements qui se déroulent à l’extérieur de son corps, et il les provoque même de manière répétitive, dans une sorte d’apprentissage par essais et erreurs.

De l'intentionnalité à la représentation

4

8 à 12 mois

Coordination

des schèmes

secondaires

Les comportements intentionnels apparaissent clairement à ce stade. L’enfant ne se contente pas de chercher à obtenir ce qu’il veut, il combine des gestes pour y parvenir. Le bébé peut par exemple déplacer un oreiller afin d’atteindre un jouet, c’est le début du concept de la permanence de l’objet.

5

12 à 18 mois

Réactions

circulaires

tertiaires

Le jeune enfant expérimente de nouvelles façons de jouer ou de manipuler les objets. Il entreprend des explorations volontaires très actives en recherchant les différents effets que produisent ces variations.

6

18 à 24 mois

Représentation

symbolique

L’enfant commence à utiliser des symboles pour représenter les objets ou les événements. L’enfant comprend que le symbole est distinct de l’objet (la boite d’allumette)

 

La réaction circulaire est la répétition d’une action en vue d’obtenir la reproduction d’une stimulation sensorielle déclenchée antérieurement par cette action.

Le passage des réactions circulaires primaires aux réactions secondaires et tertiaires sous-tend le progrès de l’intelligence sensori-motrice.

 

Concept de la permanence de l'objet: Comment et quand le bébé prend-t-il conscience de l'existence des objets en tant que tels ?        

6 étapes se dégager des observations de Piaget, étapes qui marques au cours de la première année, le cheminement du bébé vers la permanence de l'objet.

1/ Abs de réaction à la disparition de l'objet (2 mois)

2/ Apparaissent des mimiques de désappointement, voir des cris et des pleurs, mais sans ébauche de recherche (2-4 mois)

3/ Une sorte de permanence pratique, le bébé est capable de revenir vers un objet proche de lui dont on l'a momentanément distrait, pas de permanence (6-7 mois)

4/ Le bébé de 8-10 mois recherche systématiquement l'objet enlevé de sa vue

5/ Le bébé retrouve l'objet caché pou peu que le déplacement est été bien perçu (11 mois)

6/ Au-delà de 12 mois le bébé retrouve l'objet même si celui si a été plusieurs fois déplacé

 

Durant le stade sensori-moteurs s'effectue l'acquisition de la marche:

Le bébé connaît une élaboration progressive de sa locomotion. 3 étapes, conduisant aux premier pas, se succèdent:

            - La reptation (position couché sur le ventre, ± 6mois)

            - La propulsion quadrupédique (marche à quatre pattes, ± 8mois)

- La marche bipède (station debout est acquise, ± 9/10 mois premiers pas tenus avec les mains d'un adulte. ±1an, il se lance seul, c'est la marche indépendante).

 

2- Stade II -préparation et de mise en place des opérations concrètes (18 mois -2 ans à 11-12 ans), divisé en 3 sous stades:

 

ØLa pensée symbolique (2 à 4 ans)

 

Vers deux ans, l’enfant utilise des symboles (c'est-à-dire des images, des mots ou des actions qui veulent dire autre chose) pour se faire une représentation interne des objets.

Pour Piaget, cette fonction symbolique se définit comme une capacité d’évoquer les objets ou les situations absentes sous forme de symboles.

Exemple: "jeux symboliques", ces jeux prennent l'apparence, la forme de jeux faire semblant (de dormir, de pleurer…)

L’utilisation de tels symboles se produit en même temps que l’apparition des premiers mots. C’est également une période durant laquelle les enfants n’abordent les choses que de leur point de vue, Piaget appelle cette attitude l’égocentrisme.

Exemple: les différentes formes du langage (écholalie, répétition – monologue – monologue collectif – langage socialisé)

 

ØLa pensée préopératoire:  (4 ans et 5 ans 1/2) et (5 ans 1/2 à 7-8 ans)

 

L’enfant fait d’immenses progrès sur le plan de la logique et il parvient à effectuer des opérations mentales complexes comme l’addition, la soustraction et l’inclusion de classes. L’enfant est encore soumis aux expériences particulières, mais il est maintenant capable d’effectuer des opérations tant mentales que physiques.

Durant cette période, l'enfant n'est pas capable de l'opératicité. c'est-à-dire possibilité de revenir en arrière lorsqu'il réfléchit. Exemple: la conservation (réversibilité des deux boules en pâte à modelé)

 

ØLes opérations concrètes (7-8 ans à 11-12 ans)

 

L’enfant commence à être capable d’envisager la perspective des autres, de classifier les objets et d’avoir recours à une logique simple. Il conçoit qu’à chaque action réalisée correspond une action inverse qui permet par exemple de revenir à un état antérieur.

Les opérations concrètes simples: compter les objets, les classer (petits, grands), les sérier. Le matériel concret sert de base à son raisonnement, qui est donc encore très dépendant du contenu auquel il s’applique.

Durant le stade de préparation et mise en place des opérations concrètes, le dessin chez l'enfant occupe une place importante. Goodenough cherchait à proposer aux enfants une épreuve facilement acceptée qui permette une estimation rapide du niveau de développement mental, le dessin du bonhomme.

Quelques indications relatives au dessin en général:

1er stade: stade du réalisme fortuit (18 mois). L'enfant fait un gribouillage et interprète après coup

2nd stade: le réalisme manqué (2 ans). L'intention de dessiner quelque chose y est, mais pas encore les possibilités

3e stade: le réalisme intellectuel (3 à 6-7 ans). L'enfant dessine des choses telles qu'il les conçoit, avec une notion de modèle interne pour les représenter. - Transparence: l'enfant reproduit des éléments du dessin qui normalement devrait être cachés (disparaît vers 8-9 ans). -Rabattement: absence de perspective

4e stade: le réalisme visuel. Les choses sont dessinées comme elles sont vues et en général, c'est un moment du développement qui commence vers 6-7 ans et acquis vers 12 ans

 

                        3- Stade III - opérations formelles (11 –16 ans)

 

L’enfant devient apte à manier les idées tout comme les événements et les objets. Il est capable d’imagination et pense à des choses qu’il n’a jamais vu, ou encore à des événements qui ne se sont pas encore produits. Il organise ses idées et les objets de façon systématique et utilise un mode de pensée déductif.

 

 

III- Freud (1856-1939)

 

A- Théorie Freudienne

 

La théorie de Freud est née d’une reconstruction, non d’une observation. Il a recueilli du discours lors des thérapies d’enfants ou d’adultes: l’enfant explique l’adulte.

Chez Freud, l’étude de la sexualité de l’enfant est un moyen de comprendre les conduites normales et pathologiques de l’adulte. Ses patients étaient des adultes atteints de troubles. Les dysfonctionnements observables chez l'adulte ont pour origine des troubles du développement affectif.

La théorie psychanalytique a été une révolution au sein des sciences humaines. Les découvertes de Freud: l’inconscient, la sexualité infantile, l’universalité du complexe d’Œdipe ont scandalisé l’époque.

 

1- Les phénomènes psychiques tels que Freud les envisage

 

Topique: concerne la séparation de l'appareil psychique en systèmes différents possédant chacune des propriétés spécifiques et des modes de fonctions distinctes.

 

Il existe deux topiques:

4Division en 3 instances, conscient, préconscient et inconscient, qui spécifient ce que l'on appelle la première topique.

4Freud a proposé une deuxième topique de l'appareil psychique :

 

· CA: c'est l'instance la plus primitive, la plus inconsciente. Et donc la moins accessible des instances psychiques. C'est à partir du Ca que le Moi et le Surmoi vont se créer. Le Ca obéit au principe du plaisir, gouverné par la satisfaction immédiate de la pulsion. C'est le siège des pulsions sexuelles et désirs refoulés, c'est le réservoir initial de la libido.

· MOI: différenciation progressive du Ca au contact de la réalité. Il est régi par le principe de réalité.

· SURMOI: (c’est un modèle idéalisé du Moi: tu dois faire). Il est à l’origine de la conscience morale (les interdits parentaux).

2- Freud a proposé une théorie du développement affectif

 

La psychanalyse décrit les deux premières années de la vie de l'enfant en termes d'organisation libidinale (énergie psychique des pulsions sexuelles) et d'organisation objectale (relation sujet-objet). Freud aborde principalement le développement libidinal. Dans la relation à la mère, se confondent au début, et se différencient à la fin, le plaisir psychique et l'investissement amoureux.

 

4Le développement du plaisir physique a une histoire. Freud reconstitue cette histoire = développement libidinal

4Il faut le distinguer du sentiment amoureux = développement objectal

 

Développement libidinal = princeps plaisir / déplaisir:

Certaines parties du corps du bébé sont objets de tensions qui sont désagréables. La réduction de ces tensions est source de plaisir. C'est le but des pulsions = supprimer la tension désagréable.

Au début de la vie, ces pulsions sont partielles, elles correspondent à des zones érogènes, précises du corps. Ces pulsions sont dotées d'une énergie "libido" qui peut s'investir sur différentes zones érogènes.

 

À tout âge, certaines de ces zones sont prévalentes.

Freud décrit l'évolution comme le déplacement de la pulsion d'une zone à l'autre.

Les pulsions partielles vont s'unifier en une seule pulsion = pulsion sexuelle, caractérisée par un investissement libidinal sur les organes génitaux.

 

B- Les stades Freudiens

 

1- Stade oral  (0 à 1 an)

 

1er stade de l'évolution libidinale. Il correspond à la première année de la vie affective du bébé et se termine avec le sevrage.

 

Le bébé est initialement indifférencié de l'extérieur, son Moi n'est pas encore constitué. Cette indifférenciation est liée par l'état de symbiose existant entre mère/bébé,

la frontière entre intérieur et extérieur est confuse. Et les relations du bébé avec l'environnement s'établissent autour de la fonction alimentaire.

 

L’investissement pulsionnel du bébé se porte successivement sur les zones qui sont impliquées dans la fonction alimentaire. Pour Freud, l’alimentation a deux fonctions: nutritionnelle et libidinale. Ces deux fonctions vont se séparer, l’activité de succion se prolonge en dehors des heures de tété, pour le plaisir (prototype du plaisir érotique). Ensuite vient s’ajouter la morsure, avec comportements d’agressivité et ambivalence des sentiments. On parle d'incorporation, c’est la phase sadique orale.

Cette relation d'incorporation correspond à ce que Freud décrit comme une fonction cannibalique (rapport qui s'instaure avec l'objet du désir est "manger être mangé").

La fonction orale prend donc appui sur l'activité alimentaire à travers laquelle se constitue la relation à l'objet libidinal. L'objet libidinal n'est pas la nourriture elle-même, mais l'objet humain = l'objet d'amour. Le sevrage modifie la relation à la mère. Un Moi rudimentaire s’élabore à partir du Ca.

 

2- Stade anal, ou sadique anal (1 à 2/3 ans)

 

C’est le début du contrôle sphincters qui marque le début de ce stade. La zone érogène devient la zone anale, avec le plaisir de la défécation et de la rétention volontaire. L’enfant considère les selles comme une partie de lui-même qu’il peut ou non offrir à sa mère. L'excrément devient donc un objet d'échange (sujet-environnement), il peut être maîtrisé par le sujet, mais il sert aussi à exercer une influence sur l'environnement.

 

À ce stade, l'autonomie de l'enfant est croissante, apparaît les interdits parentaux entraînant des réactions agressives de l'enfant à l'encontre de l'objet d'amour, c'est l'aspect sadique. Le Moi se renforce. Les interdits parentaux sont à l’origine du Surmoi.

 

3- Stade phallique (3 à 6 ans)

 

Phase du développement sexuel "phallique". Déplacement sur la zone génitale de la pulsion sexuelle. Primat du phallus, il n'y a pas d'autre sexe que le sexe masculin. Les garçons ont un sexe, les filles n'en n'ont pas.

Un dynamisme va se dresser. Le complexe d'Oedipe est mis en place par la crise de 3 ans. L'enfant se pose des questions.

 

4Pour les garçons, tout commence bien. Ce constat est source d'une satisfaction narcissique. Ambivalence à l'égard du père, il est aimé et apparaît comme le premier rival car il a un pénis et la mère est aussi son objet d'amour. Cela renforce le lien primitif à la mère en essayant d'érincer tout rival. Conflit ouvert avec le père est source de culpabilité inconsciente qui suscite une angoisse de castration.

C'est-à-dire peur de punition: peur de la perte du pénis = refoulement du désir Oedipien. Se détourne vers d'autres objets d'amour: exemple l'institutrice.

 

4Pour les filles, c'est plus difficile à admettre, on parle du complexe d'Electre.

Blessure narcissique, croyance en la castration affirmée, constatée. Conflit avec la mère. Ambivalence plus douloureuse. Reproches faits à la mère, elle est la cause.

Envie du pénis comme désir de s'affirmer, aussi sexuée que le garçon. Cette envie mute avec l'envie d'avoir un enfant et c'est dans ce but que le père est choisi, c'est l'objet d'amour.

 

Un pas supplémentaire est franchi, des phénomènes apparaissent. Phénomènes d'identification de l'enfant à l'adulte de même sexe. C'est la solution pour résoudre le problème.

Le cognitif intervient, identification pour les garçons aux hommes et pour les filles aux femmes. Il faut des capacités cognitives pour faire ces catégorisations, sans cela le processus affectif n'est pas possible. L'adaptation d'un modèle sexuel apparaît à la suite de l'Oedipe. Ces individualisations n'apparaissent pas chez tout le monde.

 

Formation du Surmoi: instance qui va jouer son premier rôle dans le refoulement du désir Oedipien. Instance auto-répressive, capacité de se défendre contre les pulsions sexuelles du Ca. C'est l'instance de la morale, l'intériorisation des interdits parentaux a permis la constitution du Surmoi

 

4- Période de latence (6 à 12 ans)

 

Arrêt de l’évolution de la sexualité. L’énergie pulsionnelle des enfants se libère pour un investissement intellectuel...

Les pulsions partielles s'unifient en pulsions sexuelles.

 

5- Stade génital, pubertaire (adolescence)

 

La période de l'adolescence signe la fin de la période de latence et constitue le deuxième moment du choix d'objet. Le premier moment étant celui de la période oedipienne. Le choix d'objet pubertaire, considéré comme un processus psychique, correspond à la définition d'un type d'objet, qualitativement différent de ceux de l'enfance.

Type d'objet dont dépend les choix concrets d'un individu dans sa vie amoureuse.

 

 

 

 

C- L'ère post-freudienne

 

1- Développement objectal - Spitz psychanalyste (1887-1974)

 

Son analyse porte sur la description de l'organisation des rapports que l'enfant établit avec les objets, notamment sa mère.

è Stades du développement objectal - Spitz parle de 3 organisateurs: le sourire l'angoisse du 8e mois l'apparition du non.

 

Période anobjectale

4Dés la naissance, les bébés sourient, mais sourire incomplet, le sourire est un comportement inné.

4Dés la 2e semaine, on peut déclencher un sourire en lui parlant.

4À partir du 2e mois, sourire complet déclenché par le visage humain, photo… (la mère est indifférenciée). On l'appelle le sourire social.

Période pré objectale

4Vers 3 mois, sourire à une personne, distinction "Moi-autrui".

4Entre 6 / 8 mois, l'enfant va sourire aux pers. connues. L'enfant distingue avec qui il crée des liens.

Période objectale

4"L'angoisse du 8e mois", crise violente de détresse si sa mère n'est plus dans son champ de vision. L'enfant apprend qu'il peut perdre son objet d'amour.

4Vers 9 / 10 mois, la mère interdit et donne des ordres, elle ne va plus au-devant de ses besoins et devient un frein. Cette nouvelle relation est élément de frustration et comportement agressif, c'est le début des conflits avec l'objet d'amour.

4Vers 15 mois, l'enfant commence à dire non à sa mère et aux autres. Le "non" vient remplacer la relation agressive, il est une façon de réguler son agressivité.

 

è Spitz a été à l'origine de la découverte des phénomènes d'hospitalisme et de dépression anaclitique: dépression à la suite d'une séparation avec l'entourage (carences affectives) aboutissant à une régression du développement ainsi qu'a des symptômes somatiques.

 

2- Objet transitionnel – Winnicott psychanalyste (1896-1971)

 

Le bébé se prend pour auteur des satisfactions, il définit une mère suffisamment bonne, et entretient cette illusion de toute puissance, la mère permet à l'enfant de se désillusionner. Prise de conscience que les satisfactions provoquées par la mère et provoquées par lui sont différentes. C'est la naissance de l'objet. La mère, objet de gratifiant est parfois absente. La différenciation de fait avec le non-Moi, l'espace se crée entre Moi et non-Moi. C'est l'expérience transitionnelle.

On voit la plupart des bébés à cette période s'attacher à des objets (peluche, morceau de chiffon…) qui jouent un grand rôle. Résistance à s'en séparer, attachement très fort. On parle d'objet transitionnel. Ils assurent une transition entre le Moi et le monde extérieur, ils sont ambigus, ils servent de substituts, signe du développement du Moi. Ils conservent leur importance jusqu'à 3 ans 1/2.

 

3- Théorie de l'attachement – Bowlby psychiatre

 

Théorie psychanalytique = choix d'objet d'amour se fait par étayage, un besoin alimentaire. Freud parle de pulsion sexuelle (stade oral) comme source d'attachement à la mère.

La théorie de l'attachement de Bowlby repose en particulier sur la conception de l'agrippement primaire. Selon lui, l'enfant naît avec un besoin fondamental de contact. L'attachement s'établit si la mère satisfait ce besoin par des caresses, des soins, des bercements… qui assurent une fonction de protection. Sa théorie s'appuie sur les observations relatives aux comportements d'attachement chez les primates. L'attachement précèderait la sexualité et non l'inverse.

 

D- Psychopathologie du développement (cf. Représentation du schéma corporel)

 

1- La gestion du conflit entre le moi et le monde extérieur

Freud émet l'hypothèse que le fonctionnement psychotique est sous-tendu par un conflit psychique entre le Moi et le monde externe: une perception, une situation intolérable, une expérience. Il présente les deux temps de la gestion de ce conflit: le premier coupe le Moi de la réalité, le second tente de reconstituer une nouvelle réalité qui remplace la réalité extérieure.

4Le premier temps, défensif, porte sur le fragment de la réalité insupportable qui a provoqué le conflit psychique et conduit à une rupture avec le monde externe.

4Dans le second temps, le Moi se crée de façon toute puissance un nouveau monde suivant les exigences du Ca et de telle manière qu'il corresponde à ce qui se passe dans le monde interne.

C'est ce double mouvement qui fait considérer la psychose comme une "perturbation (primaire) du lien libidinal à la réalité, la plupart des symptômes (constructions délirantes notamment) étant des tentatives secondaires de restauration du lien" à l'objet ou à la réalité extérieure.

 

2- Les troubles qui possèdent leurs racines dans les premiers mois de la vie de l'enfant

 

Fidèle à sa conception du psychisme, le modèle psychanalytique tente d'expliquer la psychose à partir de l'histoire du sujet et des difficultés dans l'organisation libidinale, objectale ou préœdipienne.

La triple primauté de l'enfance sur l'actuel, de l'Inconscient sur le système conscient, du sexuel sur le rationnel, soutient l'édifice psychanalytique qui voit dans la psychose un trouble possédant ses racines dans les premiers mois de la vie.

 

4Troubles dans la construction du sujet (dans les premiers mois de la vie) rendent difficile l'accès à l'identité, à l'autonomie et à la séparation: ces troubles peuvent être liés aux relations précoces avec les parents, il est évident que le sujet psychotique n'a pas accès à l'Œdipe, ni à la différence des sexes, ni à l'altérité et que, parfois, la relation dedant-dehors n'est pas stable.

4Mise en place de mécanismes de défense contraignants mais permettant de limiter l'angoisse liée aux relations précoces: ces mécanismes de défense entraînent une limitation des rapports à soi et au monde extérieur.

4Une modification interne (pulsionnelle, rupture d'équilibre…) ou externe (traumatismes…) entraîne une rupture de l'équilibre protecteur antérieur, c'est-à-dire une réapparition de l'angoisse et du sentiment de perte de l'identité, de la continuité corporelle et psychique.

4Pour lutter contre cette angoisse, ce morcellement du corps et de l'Etre, le sujet utilise d'autres systèmes de défense qui tentent de rendre les mondes extérieur et intérieur supportables: hallucinations, délires produits par la projection, le clivage, le déni, la forclusion.

4Une fois le délire installé, d'autres mécanismes permettent de lutter contre ses effets les plus douloureux: passage à l'acte, défenses, repli sur soi…

 

 

IV- Wallon (1879-1962)

 

Piaget décrit et explique le développement de l’intelligence, Freud celui de l’affectivité. L’enfant de Piaget et l’enfant de Freud sont morcelés, amputés de l’une ou l’autre de leurs fonctions. Wallon se démarque de ces deux perspectives car il s’attache à expliquer le comportement total d’un sujet qui se construit en tant que personne, "l'enfant humain est génétiquement social". Affectivité et intelligence s’influencent tout au long d’un développement qui, loin d’être linéaire, présente des oscillations et des ruptures.

 

A- Théorie Wallonienne

 

Pour comprendre Wallon concept clé:

4L’émotion: Elle est à la jonction du physiologique et du psychique, elle est simultanément un mode de communication essentiellement social. Ce qui intéresse Wallon dans l’émotion, c’est son caractère social car elle est à la fois physiologique: manifestations apparentes et motrices de cet état; et mode de relation à autrui. C’est aussi son caractère contradictoire ou paradoxal (elle est ressentie du dedans et visible du dehors) qui fait qu’elle se situe entre la pensée et l’acte (ou le mouvement).

4Le mouvement: sous-jacente à l’émotion, la notion de mouvement: témoignage pour le nouveau-né de sa vie psychique.

4L’imitation: c’est un mouvement d’accommodation aux attitudes d’autrui. Ce sont des mouvements en écho, en contagion ou en mimétisme. La véritable imitation pour Wallon est celle qui a lieu en absence du modèle.

 

Le développement, tel que Wallon l'observe, est loin d'être continu. Il ne résulte pas d'une simple addition de progrés orientés dans le même sens mais présente au contraire des oscilliations, des rythmes, des crises, des changements de direction.

4Quatre grands ensembles fonctionnels sont distingués: l'affectivité, l'acte moteur, la connaissance, la personne, entre lesquels s'établit une succion des prépondérances.

4Au sein des grands ensembles fonctionnels, deux orientations des conduites sont relevé: l'une centrifuge, l'autre centripète.

· Il existe des stades à dominante centriguge: l’enfant se tourne vers le monde extérieur, la construction de l’intelligence prédomine.

· Des stades à dominante centripète: l’enfant se centre sur lui-même. La construction personnelle prédomine.

 

B- Les stades de Wallon (cf. Tableau)

 

Wallon distingue 3 stades qui jalonnent le développement de 0 à 2/3 ans

 

1- Stade impulsif (O à 3 mois)

 

A la naissance, le bébé vient au monde dans un état de tension musculaire = tonus. Les sensations soit internes, soit externes provoquent un sur tonus, augmentation du tonus musculaire. Il est vécu dans l'acte moteur.

Période d'impulsivité motrice, les adultes intèrprètent ses mouvements:

4Quand les sensations sont de faibles intensités, les réactions sont de faibles amplitudes = l'adulte intérprète ses réactions lentes par du "bien être".

4Quand les sensations sont plus fortes, les réactions motrices plus violentes (cris, pleurs...) = l'adulte intérprète ses réactions comme la faim, le froid, la douleur...

En tant qu'adulte, on ne réagit pas de la même façon. Il y a là un cercle "action-réaction" qui s'institut, une communication asymétrique. A certain comportements de l'enfant, correspond certains comportements de la mère.

 

2- Stade émotionnel (3 à 12 mois)

 

Le bébé perçoit ces diffèrents comportements et déclanche les réactions maternelles. Sa capacité de motricité volontaire se développe. Le cercle va prendre la forme d'un dialogue émotionnel.

Le bébé provoque la réaction de la mère. Wallon caractérise se stade, comme une pèriode de symbiose affective où l'émotion constitue le langage primitif du bébé, sa première forme de sociabilité et de conscience, et même l'origine de son caractère. Les attitudes et les mimiques deviennent des émotions différenciées: douleur, joie, chagrin, impatience...

Cette phase est d'une importance décisive pour la suite de son développement.

Le stade émotionnel est donc marqué, comme le stade impulsif, par la primauté du contact humain, de l'apprentissage social.

 

3- Stade sensori-moteur et projectif (1 à 3 ans)

 

L'activité sensori-motrice qui le caractérise est divisé en deux sous stade:

4Stade sensori-moteur: l'intelligence pratique, ou intelligence des situations, reposant sur l'identification des objets par le biais de manipulation et de locomotion.

4Stade projectif: les attitudes, dont le développement passe par l'imitation, le jeu de "faire semblant" et aboutit à la représentation, achevée par le langage

 

L'enfance correspond chez Wallon, à 2 étapes principales

 

4- Stade du personnalisme (3 à 5 ans)

 

Le stade du personnalisme se caractérise par l'affirmation du Moi et la construction de l'objectivité. Pendant cette pèriode, le comportement de l'enfant évolue, de l'opposition à l'état de grâce et à l'imitation.C'est au cours de se stade que, selon Wallon, se construie la personne dans son autonomie.

4Opposition: "La crise d'opposition de 3 ans", c'est l'âge du "non", du "moi", du "mien" où apparaît avec le besoin de s'affirmer celui d'imposer le point de vue propre. C'est l'époque où l'enfant autoritaire, exigent, jaloux, recherche l'attention exclusive de tous.

4Imitation: vers 4 ans, l'enfant devient attentif à son comportement et modifie sa réaction au regard des autres. L'enfant est donc capable à cette étape de savoir l'effet qu'il produit sur autrui. Les indices de son état civil deviennent importantes parce qu'ils contribuent à la construction d'une représentation de sa personne. Le besoin d'imitation apparaît trés important, l'enfant tente d'imiter les autres pour se substituer à eux, enrichir son moi.

4L'état de grâce: l'enfant cherche maintenant à se faire aimer, admirer (±5ans).

 

5- Stade catégoriel (période de l'âge scolaire)

 

L'enfant excelle en comparaisons et progresse en raisonnement logique. (cf. Piaget)

Voici un exemple de dialogue conduit avec un enfant de 6 ans:   "enfant" – "adulte"

"Qu'est ce que c'est la pluie? _ La pluie c'est le vent. _ Alors la pluie et le vent c'est pareil? _ Non. _Qu'est ce que c'est la pluie? _ La pluie c'est quand il fait du tonnerre. _ Le vent qu'est ce que c'est? _ C'est la pluie._ Alors c'es la même chose? _ Non, c'est pas pareil. _ Qu'est ce qui n'est pas pareil? _ C'est le vent. _ Qu'est ce que c'est le vent?..

 

6- Stade pubertaire, l'adolescence

 

A l'adolescence, plus qu'à aucune autre étape du développement, socialisation, affectivité et cognition sont inséparables.

 

 

C- L'enfant et le miroir (cf.exercice de Zazzo)

 

La reconnaissance dans le miroir a toujours facinée les psychologue. Wallon & Zazzo se sont intéréssé à l'enfant et son image. A partir de quel âge, l'enfant se reconnaît-il, s'identifie-t-il vraiment?    Comment se fait ce travail de construction de l'image de soi?

 

4Ce n'est pas le miroir qui crée la conscience de soi, mais c'est lui qui en révèle l'existence. Ce miroir est une situation exemplaire pour comprendre comment l'enfant sort de la symbiose avec ses parents, pour construire son identité.

Pour prendre conscience de soi, on a besoin d'un certain niveau cognitif. L'âge de 18 mois est un âge clé, à la fois pour la réaction de l'enfant devant le miroir mais aussi, pour le développement intellectuel global avec les capacités de représentations mentales qui se mettent en place à cet âge là.

  4 mois = l'enfant reconaît sa mère dans le miroir

                        17 mois = l'enfant s'appelle par son prénom

                        18 mois = l'enfant se reconnaît sur une photo

                        20 mois = l'enfant se reconnaît dans le miroir

                        22 mois = devant le miroir, l'enfant se désigne par le prénom, bébé, moi

                        30 mois = l'enfant se prononce "je"

 

D- L'intégration des normes morales

 

L'environnement culturel sécrète des rôles ou modèles normatifs, composés de l'ensemble des conduites que le groupe culturel attend d'un individu dans une situation donnée. L'enfant doit "entrer" dans certains de ces rôles en répondant aux attentes qu'ils impliquent: rôles liés au sexe, rôle imparti à l'enfant dans ses rapports avec les adultes au sein de la famille, de l'école…

Ces rôles s'apprennent en quelque sorte par imitation. L'intégration des normes sociales, les notions de coopérations, d'interaction au sein des groupes, les rôles des paires et celui de l'adulte sont des rôles qui s'acquièrent en fonction de la maturation cognitive de l'enfant.

 

1- Les règles du jeu de billes, selon Piaget

 

4Vers 2-3 ans, il n'existe pas de règle coercitive, c'est-à-dire, que l'enfant cherche à satisfaire ses intérêts moteurs. Exemple: "Jacques prend les billes et les fait tomber de haut l'une après l'autre… Il les arrange à terre dans un creux et dit : Je fais un petit nid. "  

4À partir de 5-6 ans, jusqu'à 9-10 ans, la règle est considérée comme sacrée, intangible, provenant de l'adulte. Un enfant ne peut inventer une règle.

4À partir de 10-11 ans, la règle est considérée comme une loi qui repose sur le consentement mutuel. Il est obligatoire de la respecter si on veut être loyal. On peut la transgresser si on rallie l'opinion générale.  La règle ne provient plus de l'adulte: elle est considérée comme étant inventée et modifiée par les enfants eux-mêmes.

 

2- Le développement moral, selon Kohlberg

 

De la règle du jeu, Kohlberg passe aux règles spécifiquement "morales" prescrites par les adultes.

 

4Niveau I: moralité pré-conventionnelle (vers 10 ans)

L’enfant est pré-occupé pare des événements concret et observable. L’enfant obéit aux règles parce qu’il craint la punition ou attend la récompense.

· Orientation vers la punition et l’obéissance

· Orientation hédoniste 

4Niveau II: moralité conventionnelle (vers 13 ans)

L’enfant est capable de conceptualiser les actes et prend de la distance avec les conséquences immédiate.         · Orientation du bon garçon et de la bonne fille 

     · Orientation de la loi et de l’ordre 

4Niveau III: acceptation personnelle des principes moraux (vers 16 ans)

L’adolescent devient capable de séparer les conséquences d’une action et les relations concrètes avec autrui, s’appui sur une compréhension conceptuelle et symbolique de la moralité.

· Orientation sociale ou légaliste 

· Orientation de principes éthiques universels 

 

Universalité du développement moral

 

Des recherches réalisées par Kohlberg et al. ont montré que, dans des cadres socioculturels aussi différents qu ‘un village de Malaisie, une ville et un village turcs, une ville mexicaine et un village d’Indiens Mayas, les stades de développement moral suivaient une séquence identique.

A l’intérieur de chaque culture, il existe néanmoins des différences de rythme avec lequel les sujets atteignent les différents stades du développement. Tous les sujets n’arrivent pas au niveau le plus élevé ; tous n’atteignent pas les stades 5 et 6, ni même les stades 3 et 4 du développement moral.

 

 

 

 

Références bibliographiques: Psychologie du développement de l'enfant

 

Bideaud J., Houdé O., Pédinnielli J-L., L’homme en développement, Puf

Linton R., Le fondement culturel de la personnalité, Dunod

Vandenplas-Holper C., Education et développement social de l’enfant, Puf

Wallon P; Cambier A., Engelhart D., Le dessin de l'enfant, Puf

Weil-Barais A., L'homme cognitif, Puf

Winnicott W., Le bébé et sa mère, Payot

 

 

 

Autres références bibliographiques

 

Anzieu D., Le Moi-peau, Dunod

Boubli M., Psychopathologie de l'enfant, Dunod

Bruno P., La culture de l’enfant à l’heure de la mondialisation, Inpress

Canada G., Etats-Unis : des enfants et des armes, édition : Esf

Cook J. & Dommergues J-P., L'enfant malade et le monde médical, Syros

Dubois N., La norme d'internalité et le libéralisme, Pug

Lindquist I., L'enfant à l'hôpital: la thérapie par le jeu, Esf

Mesmin C., Psychothérapie des enfants de migrants, éditions : la pensée sauvage

Pedinnielli J-L.& Gimenez G., Les psychoses de l'adulte, Nathan Université

Todd E., La diversité du monde : famille et modernité, l’histoire immédiate

Tremblay H., Famille du monde, Robert Laffont

Winnicott W., L'enfant, la psyché et le corps, Payot

 

 

 

 


 

Pour aller plus loin, partie non étudiée en cours

 

V- L’influence de l’environnement

 

A-    L’influence du milieu sur le développement cognitif

 

Présentation d’une recherche effectuée par Doise et al., portant sur la notion de conservation.

Condition expérimentale portant sur la conservation de quantités de liquides :

4Des enfants furent divisés en trois groupes selon qu’ils se situaient à un niveau non conservatoire, intermédiaire ou conservatoire.

4 - Condition expérimentale : situation d’interaction sociale, réunissant des enfants de niveau différent

- Condition contrôle : absence de situation d’interaction sociale

4La tâche proposée aux enfants qui disposaient de verres de dimensions différentes : était de se mettre d’accord entre eux pour se partager du sirop.

Résultats de l’expérience dans les deux groupes :

Les enfants du groupe expérimental avaient progressé plus que ceux du groupe contrôle.

Interprétation des résultats :

Cette constatation amena les auteurs à rejeter une explication fondée sur un apprentissage par imitation. Les progrès réalisés n’étaient pas dus à un simple effet de mémoire, mais témoignaient d’une maîtrise réellement opératoire.

 

B- L’influence du milieu sur le développement social

(cf. l'intégration des normes morales: règles du jeu de billes et le développement moral)

 

C-    L’influence socioculturelle sur le développement social, cognitif et affectif

 

Contribution du jeu sociodramatique, selon Smilansky

Le jeu sociodramatique est un lieu d ‘apprentissage. La fonction la plus importante du jeu sociodramatique réside probablement dans le fait qu’il aide l’enfant à s’adapter affectivement et émotionnellement à la société dans laquelle il est appelé à vivre. Piaget a déjà insisté sur la fonction des jeux symboliques. Selon Smilansky (1968), le jeu sociodramatique « élargit grandement les limites du monde ludique et permet à l’enfant de reproduire aussi exactement que possible le monde qu’il observe et qu’il a compris à sa façon ».

Ainsi le jeu sociodramatique ne constitue donc pas « une fuite hors du réel, mais il aide au contraire l’enfant à se confondre à cette réalité ».

 

1- Différences entre jeu sociodramatique d’enfants socialement favorisés et défavorisés

 

En observant le jeu sociodramatique d’enfants âgés de 3 à 6 ans, Smilansky constata que le jeu des enfants socialement favorisés était beaucoup plus riche, plus souple, plus calme que celui des enfants socialement défavorisés. Ces derniers étaient même incapables, dans une très large mesure, de se détacher mentalement de la situation réellement présente pour agir sur le mode imaginaire du « faire-semblant ».

 

Comment expliquer ces différences dans la nature du jeu sociodramatique d’enfants socialement favorisés et défavorisés. L’analyse des pratiques éducatives employées par les mères des enfants socialement favorisés et défavorisés constituent probablement un élément d’explication.

 

2- Est-il possible d’enrichir le jeu sociodramatique d’enfants de milieu socioculturel défavorisés

 

L’école maternelle peut fournir aux enfants « socioculturellement » défavorisés les expériences favorables au jeu sociodramatique, qui avaient fait défaut dans leur vie familiale.